Des fourneaux au Digital: Rencontre avec le CHEF qui fait saliver les internautes

Des fourneaux au Digital: Rencontre avec le CHEF qui fait saliver les internautes

C’est dans la bonne humeur que l’équipe de What’s ur Story a échangé avec le Chef 2.0 du Cameroun. Un rêveur, plein de passion et d’ambition pour une filière encore mal appropriée dans notre pays. Bonne lecture!

– Mystic ODB : Hello Chef Stéphane

Chef Stéphane : Hello…

Mystic ODB : Est-ce que tu peux nous parler de toi ?

Chef Stéphane : Brièvement je dirais que je suis un jeune restaurateur, plein de rêves, avec beaucoup d’ambition qui s’efforce à changer la donne dans cette filière au Cameroun. Autre chose que j’essaye de faire c’est vendre le rêve et ouvrir des portes. Les choses n’ont toujours pas été aussi aisées qu’elles semblent l’être, même pour moi.

Mystic ODB : Quelles sont tes valeurs et quels sont les principes auxquels tu es attaché ?

Chef Stéphane : L’intégrité, tant envers le client qu’on ne mène pas en bateau en lui disant les choses honnêtement, qu’avec mes employés. Lors de mes recrutements, c’est une qualité que je recherche. La preuve est que je recrute des personnes positives, déterminées et intègres. Ils ne sont pour la plupart pas des habitués de la restauration. Je recherche l’intégrité chez mes collaborateurs parce que je n’ai pas toujours le temps de faire la police derrière chacun. Je dois pouvoir leur faire confiance. Jusqu’ici, j’ai eu le flair pour repérer de telles personnes. Comme autres valeurs, je dirai le rêve. Je me permets de rêver et je permets aux gens de croire en leurs rêves. Il y’a aussi l’honnêteté et l’autodiscipline. Avoir une ligne de conduite bien fixe, ne pas toujours  attendre d’être motivé par quoi que ce soit si ce n’est soi-même.

 

Mystic ODB : A quand remontent tes premiers souvenirs en cuisine ?

Chef Stéphane : C’est la partie qui fait rigoler un peu (rires). En fait tout petit, j’ai été frustré par la façon dont on m’a laissé croire qu’il fallait être spécial pour faire la cuisine. Le premier souvenir que j’ai c’est qu’à la cuisine, c’est toujours aux filles que l’on confiait des choses sérieuses. Chaque fois que je disais à ma mère  que je veux l’aider à préparer, elle me demandait de nettoyer l’ail. J’en ai tellement nettoyé durant mon enfance que je suis devenu traumatisé (rires). Au point où aujourd’hui lorsque je fais mes courses, je n’achète pas de l’ail qui n’est pas nettoyé. Donc en gros, je ne savais rien faire, même pas une omelette. Pour moi, la cuisine était comme une magie de la chimie. Il fallait avoir un don, être un élu ou avoir une grosse expérience. La cuisine à la base était un mystère que j’ai décidé d’élucider en choisissant ma filière professionnelle après le Bac. A ce moment je me suis dit, s’il y’a des cours pour y voir plus clair, je vais me lancer pour briser le mystère.

Mystic ODB : En d’autres termes, étant petit, tu avais l’intérêt pour la cuisine mais aucun accès. C’est bien ça ?

Chef Stéphane : Tout à fait ! La cuisine, la pâtisserie, ce sont des choses que j’aimais. Quand j’étais petit, il y’avait un jeune homme dans mon quartier qui faisait des gâteaux pour ses copines. J’avais l’habitude de l’assister tout émerveillé. J’aimais la cuisine, même si je ne faisais pas la différence entre un coulis de tomate et la tomate ketchup.

Mystic ODB : Ok, et si tu nous parlais de tes premiers pas et de ton parcours en cuisine.

Chef Stéphane : A une période de ma vie, j’ai été en stage bloqué pour préparer un examen. Je vivais dans une chambre avec un ami. Nous devrions compter sur nous même pour vivre. En d’autres termes, cuisiner nos repas. Il avait un peu plus de connaissances que moi. Alors un jour, il m’a montré comment cuisiner la sauce tomate. Ce jour j’étais émerveillé, tellement content que depuis lors, c’est moi qui faisais à manger pour nous deux. Par la suite donc, je me suis tourné vers une école pour acquérir les bases professionnelles.

Ma formation professionnelle est couronnée par un BTS en gestion d’entreprise de restauration que j’obtiens en 2008. Nous avions donc des travaux pratiques en cuisine et j’étais le N°1 de mon équipe. Je suis allé en stage académique à l’hôtel Hilton. A la fin de ma formation, ces derniers m’ont proposé de revenir signer un contrat, tellement ils m’avaient trouvé brillant. J’y ai passé 4 ans pendant lesquels j’ai eu quelques petits soucis. J’acceptais déjà le traitement qui était le mien, titulaire d’un BTS, pourtant leur recrutement était avec un niveau BEPC. Je me suis plié le temps qu’il fallait, mais je ne pouvais le faire indéfiniment. Le profil de carrière qui s’offrait à moi n’était pas très alléchant, selon moi. Autre chose c’est que le climat devenait  nocif pour moi. Des personnes qui trouvaient que j’étais trop jeune pour avoir un certain nombre de responsabilités. A cause de ces quelques points j’ai dû raccrocher. Je fais une petite parenthèse pour dire qu’il est important dans la vie de croire en soi, être prêt à assumer ses choix et accepter les conséquences.

Après ce parcours, j’ai enchaîné les expériences. Je gérais les restaurants des autres. J’ai pu voir comment le sommet de la hiérarchie, en dehors des cuisines fonctionne. J’ai commencé à faire un service de livraison de plats à emporter. Après quoi, j’ai eu du soutien, et j’ai créé mon premier restaurant à Yaoundé, qui a tourné pendant près de 4 ans. En 2017 donc, je suis invité à un festival dénommé « Festi Tchop » ici à Douala. J’y arrive avec un regard plus avisé sur le business. Je remporte le prix du meilleur restaurateur et celui du stand avec le plus de visiteurs. Durant mon séjour, je vois en Douala une opportunité d’affaires, avec des gens qui ont une culture du loisir et de la gastronomie beaucoup plus développée. C’est alors comme ça que je quitte Yaoundé pour Douala pour implanter l’actuel Friend’s Food de Kotto.

Mystic ODB : Que réponds-tu à ceux qui disent que tu n’as suivi aucune formation de Chef en restauration ?

Chef Stéphane : Le digital me surprend souvent. (rires) Au contraire, il y’a certaines personnes qui me trouvent tellement bien formé qu’ils pensent que je n’ai pas suivi ma formation ici au Cameroun. Je suis un professionnel, formé, avec un diplôme reconnu. Ma curiosité m’a juste permis d’acquérir plus de connaissances, autodidacte de mon état. Sur ma CNI par exemple, la profession c’est restaurateur. Avec le concours du Ministère du Tourisme, j’aurai bientôt une carte professionnelle.

 

Mystic ODB : Dernièrement, plusieurs personnes se sont plaints de la qualité de ton service que fais-tu pour améliorer cela ?

Chef Stéphane : Je suis au courant de toutes ces plaintes. Ce n’est vraiment pas toujours facile. Certes un burger se fait en 10 minutes, mais 50 burgers en demandent plus. Nous utilisons des produits frais que nous cuisons sur place à la commande. Et puis nous allons bien au-delà de la formule Fast Food avec un menu très varié que les clients aiment tant. Il m’est donc difficile de satisfaire tout le monde côté rapidité, mais ça reste un challenge. Avant, il fallait 2 heures de temps mais aujourd’hui, le client se fait servir dans 10 minutes. Ceux qui passent leurs commandes avant 19 heures sont satisfaits. Ceux qui débarquent à 22 heures et disent qu’ils ont traversé toute la ville et qu’ils sont au nombre de 14, nous avons également pris les dispositions pour qu’ils le soient.  Je profite également pour souligner que tous les restaurants qui ont le même souci de qualité que moi font face au problème de chrono. Je salue au passage le Restaurant le Fouquet qui gère très bien cet aspect.

Mystic ODB : Mais, dis-nous Chef Stéphane ce problème de chrono ne vient-il pas du fait que c’est toi qui dois tout gérer en cuisine ?  

Chef Stéphane : (rires) Vous savez, les deux premiers mois de Friend’s Food à Douala, on me reprochait de tout faire seul. Je leur répondais qu’à un moment vous n’allez tellement plus me voir et vous direz que j’ai pris la grosse tête et je ne fais plus rien. Dans la restauration, former une bonne équipe prend du temps. Heureusement, je l’ai fait. Je peux passer aujourd’hui plus d’une semaine sans être là, parce que sur d’autres fronts, et le restaurant marche bien. Personne ne se plaint du fait qu’il soit venu, ne m’a pas trouvé, a consommé et n’a pas aimé. Mon job est juste de m’assurer que les assaisonnements à l’avance soient corrects

Mystic ODB : Qu’est-ce qui fait la différence entre ce que tu proposes et les autres restaurants?

Chef Stéphane : Alors, à cette question, je réponds très facilement: il y’ a trop de restaurants qui sont gérés par des hommes d’affaires et non des restaurateurs passionnés. Juste à cause de cela, nous n’avons pas le même regard. Ma cible c’est moi. Et pour comprendre les besoins des gens, je me demande ce que j’attends lorsque je vais m’asseoir quelque part. Je me remets en question, je fais étudier mes menus par ma communauté digitale. Si j’introduis un plat et que sur trois mois, il ne passe pas, j’annule. Je ne possède pas une carte figée. J’observe les jeunes, ce qu’ils pensent, ce qu’ils ressentent et j’innove.

Mystic ODB : Où est-ce que tu vois ton entreprise dans 10 ans ?

Chef Stéphane : Je la vois avec beaucoup de franchises. Certaines personnes à l’étranger me proposent déjà des partenariats. D’autres me disent que je gagnerais plus à m’installer à l’étranger. Je leur fais juste comprendre que le moment n’est pas encore arrivé. Je dois encore installer un certain standard de ma marque ici au Cameroun. Cela fait un an que j’ai commencé Friend’s Food à Kotto et dans quelques jours j’ouvrirai le deuxième restaurant à Bonamoussadi. Si d’ici 10 ans on peut avoir un point Friend’s Food dans chaque région du Cameroun et que ce soit une SARL, j’aurais un sentiment d’accomplissement. J’espère tout simplement ne pas devenir cupide, et toujours  avoir à cœur l’intérêt et le plaisir des camerounais.

– Mystic ODB : Ton mot de fin

Chef Stéphane : Je profite de votre vitrine pour demander aux gens qui m’encouragent et me suivent d’être indulgent, de ne pas pouvoir satisfaire tout le monde tout de suite et de la manière dont chacun attend. Je n’ai pas encore la logistique pour satisfaire toute la grosse demande et je ne voudrais jouer à l’homme de l’ouest dont je fais moi même parti (rires) qui comme on dit veut tout récolter quitte à en perdre son âme (l’âme de mon concept ). Je suis reconnaissant pour tout le soutient et l’amour que vous me donnez, nous grandirons ensemble.

 

 

 

 

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