Allons visiter le Cameroun : voyage avec Chouchou MPACKO au cœur du tourisme 237

Allons visiter le Cameroun : voyage avec Chouchou MPACKO au cœur du tourisme 237

On pourrait la surnommer « la fiancée du 237 », elle utilise le digital pour faire briller notre pays sur la scène internationale. Des repas à la culture, de l’art à la nature, Chouchou Mpacko lève le voile sur le Cameroun qui n’est pas toujours présenté à la télé ou sur d’autres sites d’informations. Nous lui avons posé quelques questions sur ce voyage qui n’est pas prêt de se terminer. Savourez ses réponses !

Mystic ODB: Chouchou Mpacko, bonjour. Ces dernières années, tu t’es distinguée  en mettant en avant des lieux à visiter au Cameroun. D’où t’es venue cette idée?

Chouchou MPACKO : Bonjour. Alors d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une ligne éditoriale online qui tourne autour du Cameroun et de ma vie de camerounaise au Cameroun. Puis avec le développement de nouvelles plateformes digitales, j’ai juste commencé à partager des clichés que je prenais tous les jours, au départ c’était la vendeuse de beignets, les enfants qui jouaient dans la rue. Puis à force de  voyager dans le Cameroun, l’idée m’est ainsi venue de partager mes aventures pendant mes voyages : les bons plans, les astuces, comment économiser lors d’un voyage. De fil en aiguille, je suis passée à celle qui peut partager une photo et en faire une story bien rédigée sur le Cameroun de telle sorte que même un simple tour en taxi dénote d’une promotion de l’image de marque de notre pays.

Mystic ODB : Personnellement, qu’est-ce que cela t’apporte, car tu dépenses temps et argent pour le faire.

Chouchou MPACKO : Oui bien sûr que je dépense de l’argent à chaque voyage. Mais ce que je reçois en retour n’a pas de prix. Depuis 2013 où j’ai officiellement commencé en tant que traveller camerounaise, j’ai gagné bien plus personnellement que j’ai dépensé financièrement pour chaque voyage. Ce que les voyages au Cameroun m’apportent ? Une satisfaction personnelle d’avoir partagé et contribué à changer les appréhensions. Pour chaque voyage je dresse un itinéraire détaillé, minutieux car je ne voyage pas seulement pour moi, mais aussi pour tous ceux qui suivent mes aventures. Je me donne le devoir de découvrir, apprendre, et faire découvrir à mon tour.

La plus grande satisfaction est de savoir que j’impacte efficacement, du digital à la vie réelle, les natifs des localités que je visite en consommant et achetant leurs produits, en référant ces sites touristiques à tous les touristes qui m’approchent pour un itinéraire. Bien plus, je suis édifiée à chaque voyage car écouter les locaux me raconter l’histoire du village qui héberge le site touristique, les mythes, les difficultés liées à l’attrait des touristes, à chaque voyage j’ai l’impression d’être une nouvelle personne.

 

Mystic ODB : Pourquoi le Cameroun, avec toute sa diversité a un problème avec son tourisme? Où se trouvent les blocages?

Chouchou MPACKO : Si l’on parle du tourisme domestique qui je rappelle pèse pour plus de 70% de l’enveloppe touristique au Cameroun, les deux premiers obstacles sont  les infrastructures et la politique de promotion du tourisme inadaptée. L’Etat du Cameroun fait de la promotion certes, mais pas de proximité. Il faut définir une nouvelle politique de promotion du tourisme qui prendrait en compte les campagnes nationales de branding, des campagnes de proximité et surtout les nouveaux acteurs digitaux de promotion du tourisme. Les infrastructures représentent le frein majeur au (re)décollage du tourisme. Nous avons un sérieux problème d’accès aux sites touristiques. L’accès routier, aérien, ferroviaire tout est à revoir.  Des itinéraires sont disponibles oui mais comparé aux autres pays qui ont fait du tourisme un levier principal outil de soft power et diplomatie, nous sommes à la traîne. Les outils ont changé, nous devons nous adapter.  Le tourisme camerounais doit aller à la conquête des voyageurs locaux et internationaux et générer des emplois décents. Concernant le tourisme international, évidemment les infrastructures comme premier frein, ensuite le coût du visa d’entrée, le climat de confiance à l’accueil. La sécurité a donné un grand coup de frein au tourisme au Cameroun car les zones les plus touchées font partie de celles qui ont les plus beaux paysages. La promotion de la destination Cameroun doit être repensée et impliquer tous les acteurs qui œuvrent tous les jours pour présenter le Cameroun, cette Afrique en miniature au monde.

Mystic ODB : Si tu  étais  ministre du tourisme, quelle  stratégie  mettrais-tu en place pour développer ce secteur?

Chouchou MPACKO : (rires) Déjà, identifier le tourisme comme un pilier important pour le développement du Cameroun, car créateur d’emplois et générateur de devises. Je mettrai en place un plan stratégique de développement du tourisme sur 10-15 ans : lever des fonds pour le développement des infrastructures de transport et d’accueil, étendre la Direction de la Promotion du Tourisme du Ministère en ramenant à la vie les Offices du Tourisme dans les Régions et surtout dans nos services extérieurs. Les Offices du tourisme dans nos services extérieurs (Postes Diplomatiques et Consulaires du Cameroun à l’Etranger) auront pour but de faire la promotion de la destination Cameroun à l’étranger et booster le tourisme international.

Développer le tourisme d’affaire, à la suite des infrastructures, faire du Cameroun une industrie des rencontres et événements professionnels : salles de congrès, de conférences aux normes actuelles. La mise sur pieds d’un bureau chargé de répondre aux appels d’offre d’évènements, dans le but d’attirer des touristes internationaux et promouvoir au plus haut point la destination Cameroun. L’écotourisme ne devra pas être en reste car développer un tourisme accessible, responsable et durable est important pour s’aligner sur les objectifs de développement durable.

L’un des points de cette stratégie va consister à ne pas faire de la promotion du tourisme un domaine réservé du Ministère de tutelle, mais plutôt une plateforme de coopération entre le secteur public, secteur privé et acteurs indépendants. Cette collaboration tripartite pourrait être plus efficace dans la mesure où les acteurs privés pourront développer les infrastructures, les acteurs privés (amoureux du voyage) eux vivront l’aventure sur le terrain et le reporting en ligne, tandis que le secteur privé, régulateur sera chargé d’implémenter les mesures issues de cette concertation tripartite.

 

Mystic ODB : Aujourd’hui,  ce n’est pas ton  activité  principale,  penses-tu  te reconvertir dans l’avenir?

Chouchou MPACKO : On verra ce que l’avenir nous réserve.

Mystic ODB : Y’a-t-il  quelque chose que chaque citoyen pourrait faire  pour que le tourisme prenne son envol chez nous?

Chouchou MPACKO : Voyager ou créer des services orientés vers le secteur du tourisme, booster la croissance locale en consommant les produits issus de l’activité touristique. Mais même avec toute la volonté du monde, le citoyen seul ne peut pas faire remonter le tourisme. l’Etat doit s’ouvrir et considérer de travailler non seulement avec les acteurs privés mais aussi ces consultants indépendants que sont les travellers. Les travellers qui parcourent le Cameroun profond savent ce qui doit être amélioré. C’est aux citoyens de voyager. On ne leur demande pas forcément d’aller loin. Nous avons tous un village qui a ses particularités, présentez le aux yeux du monde, invitez vos connaissances à visiter et consommer local. Mais l’Etat doit jouer sa très grosse partition et mettre sa stratégie de promotion de la destination Cameroun à jour.

Mystic ODB : Le mot de la fin?

Allons visiter le Cameroun !

Mystic ODB : MERCI !

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